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mardi, 15 avril 2008

Le Grand Paris, un projet aux conséquences graves pour les franciliens

139852928.2.JPGLe Grand Paris, un projet aux conséquences graves pour les franciliens, pour leur développement harmonieux et pour la vie démocratique.

Centré sur la visibilité de Paris, the Capitale, les 10 scénarios qu'il propose sont construits pour répondre à un seul et unique problème, posé dès le départ comme "la vérité": la visibilité internationale de notre belle capitale, son développement économique, sa gouvernance, et l'attractivité des centres de décisions.

Paris chutte en effet dans sa capacité à attirer les investissements et dans la compétitivité mondiale. En revanche, résumer la cause de ce recul au seul critère de la visibilité est de loin exagéré et reflète une méconnaissance considérable des logiques d'entreprises.

Aujourd'hui, les entreprises internationales maîtrisent parfaitement les sytèmes d'information et de traîtement de celles-ci. Elles savent où se trouvent leurs intérêts, même si ceux-ci sont dans une bourgade inconnue car non visible de nos dirigeants parisiens. En revanche, en effet, des critères tels que les infrastructures de communication locales, nationales et internationales, joueront un rôle dans leur décision finale.

Mais au-delà de la visibilité de Paris pour l'entreprise, une question se pose: ce problème est-il au centre des préoccupations des franciliens ou risque-t-il réellement d'entraîner Paris et la France dans une régression économique. La réponse est: non.

Autre point, de loin très préoccupant, dans ce rapport: il s'agit de construire Paris, et rien d'autre que Paris. Quelques soient les 10 scénarios, ils sont tous pensés comme des solutions pour répondre à des soucis de notre chère capitale, tous centrés sur un point unique: Paris, au centre (politiquement, cela dit, pourquoi pas, sourire..).

Or la Région Ile de France aujourd'hui souffre, et cela même en terme de dynamisme économique, d'un centrage excessif des infrastructures, des moyens de communication, des investissements, de la vie culturelle sur Paris intramuros. Les communications transversales sont laborieuses, qu'il s'agisse des transports en commun ou des routes. La population vit de plus en plus en périphérie, hors Paris, qui elle concentre les sièges de société et l'argent des impôts qu'elles génèrent. 

Bref, Paris désurbanisé, déshumanisé, concentre aujourd'hui les moyens financiers censés servir le développement harmonieux de chacun. Le clivage entre le lieu de production de richesse et le lieu de vie de ceux qui produisent cette richesse est devenu trop important. On pouvait espérer du projet d'un Grand Paris qu'il réponde à ce problème. Malheureusement, il n'en est rien.

Avec un peu plus de 2 millions d'habitants, la population parisienne représente 19% de la population francilienne. Le scénario favori du rapport prévoit une fusion entre paris et les départements de la petite couronne (92, 94, 93). Ce nouveau Paris intègrera alors 55% des franciliens. La majorité est atteinte! Le résultat n'en sera pas moins que les autres départemetns de la région IDF continueront à attirer les salariés parisiens en quête de logements financièrement plus accessibles, et que la représentation de ces départements, leur poids dans les décisions, leur moyen de financer les projets nécessaires au développement harmonieux de chacun, aussi bien sur le plan éconoque sur le plan des transports et de la culture, deviendront très limités.

Au projet d'un Grand Paris, j'espère que nous trouverons d'autres alternatives, plus liées au développement de notre Région toute entière, avec notamment des mesures fortes pour inciter à la décentralisation des sièges de nos entreprises, au renforcement voir à la création de Pôles d'activité en périphérie de la Région IDF (seule façon de réellement remédier au problème de trafic routier), au développement d'infrastructures de transports transversales et non centrées sur la capitale.

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